À Marbaix, L’Épi de l’Avesnois redonne vie au commerce de proximité
À Marbaix, dans le Nord, l’ouverture de L’Épi de l’Avesnois marque le retour d’un véritable commerce alimentaire au cœur du village. Portée par Aurélie Drecq et Emeric Attancourt, cette nouvelle épicerie rurale associe alimentation du quotidien, produits locaux, boulangerie et petite restauration. Mais quelques semaines après son ouverture, c’est aussi une autre fonction du commerce de proximité qui apparaît : celle de recréer du lien entre les habitants.
Une épicerie de retour au cœur de Marbaix
À Marbaix, commune du Cœur de l’Avesnois, l’ouverture d’une épicerie était particulièrement attendue.
Le village comptait 461 habitants en 2023, selon les dernières données de l’Insee. Et les chiffres permettent de mesurer l’importance de cette ouverture : dans sa Base permanente des équipements 2025, l’Insee ne recensait à Marbaix ni épicerie ou supérette, ni boulangerie-pâtisserie.
C’est dans ce contexte qu’Aurélie Drecq et Emeric Attancourt ont décidé de créer L’Épi de l’Avesnois, un commerce indépendant pensé pour répondre aux besoins quotidiens des habitants de Marbaix mais aussi des villages environnants.
Quelques jours après l’ouverture, La Voix du Nord consacrait d’ailleurs un article au nouveau commerce avec un constat qui résume à lui seul l’enjeu de ce type d’installation en milieu rural : « On a remis du lien social très rapidement ».
L’Épi de l’Avesnois : deux espaces complémentaires
L’originalité du projet repose notamment sur son organisation.
L’Épi de l’Avesnois réunit deux espaces distincts mais complémentaires.
D’un côté, Le Fournil, avec des produits boulangers, des pâtisseries, une offre de snacking et quelques tables permettant de manger sur place.
De l’autre, L’Échoppe, une véritable supérette indépendante proposant des produits alimentaires, des produits du quotidien ainsi qu’une sélection de produits du terroir.
Cette organisation a été détaillée lors de l’ouverture par Canal FM, qui souligne le caractère particulièrement important de l’événement pour ce village de l’Avesnois.
Pain, dépannage alimentaire, courses du quotidien, produits locaux ou pause déjeuner : en réunissant plusieurs usages dans un même lieu, le commerce cherche à multiplier les occasions de fréquentation.
Une approche que l’on retrouve de plus en plus dans les épiceries rurales, où la diversification des services permet à la fois de répondre aux attentes des habitants et de consolider le modèle économique du commerce.
1 500 références et une priorité donnée aux produits locaux
Le projet ne s’est pas construit uniquement autour de la proximité géographique.
Aurélie Drecq et Emeric Attancourt ont également souhaité défendre une certaine vision du commerce alimentaire : une épicerie indépendante, proposant des produits locaux ou régionaux tout en restant attentive aux prix.
Avant l’ouverture, L’Observateur avait rencontré les deux porteurs de projet. Le média expliquait que L’Épi de l’Avesnois prévoyait environ 1 500 références, avec une place importante accordée aux producteurs de l’Avesnois et des Hauts-de-France. Certains produits proposés au Fournil proviennent notamment de producteurs situés à moins de vingt kilomètres.
Cette volonté de travailler en circuit court s’accompagne d’un autre objectif : proposer des tarifs suffisamment accessibles pour que les habitants viennent dans l’épicerie par choix et pas uniquement parce qu’elle se trouve à proximité.
De la grande distribution à l’épicerie indépendante
Les deux commerçants ne découvrent pas le secteur alimentaire.
Emeric Attancourt dispose de 24 années d’expérience dans la grande distribution, tandis qu’Aurélie Drecq y a travaillé pendant 13 ans.
Ils ont choisi de mettre cette expérience au service d’un projet indépendant, avec la liberté de sélectionner leurs fournisseurs, leurs produits et de développer progressivement de nouveaux services.
Cette indépendance constitue d’ailleurs l’un des fils conducteurs du projet.
Plutôt que de rattacher leur commerce à une grande enseigne nationale, ils ont préféré construire leur propre identité et privilégier, lorsque cela est possible, les producteurs du territoire.
Un projet né en quelques mois
La création de L’Épi de l’Avesnois s’est concrétisée rapidement.
Le projet a commencé à prendre forme lorsque le couple a appris que d’anciens locaux commerciaux de Marbaix allaient être réhabilités pour accueillir deux nouvelles cellules.
Les futurs commerçants ont alors multiplié les rencontres et les échanges pour construire leur projet.
Dans L’Observateur, ils soulignent notamment le rôle joué par le propriétaire des locaux, par l’ancien maire de Marbaix, mais aussi par une commerçante installée à Prisches avec laquelle ils ont pu échanger sur leur future activité.
Un exemple qui rappelle qu’en milieu rural, l’ouverture d’une épicerie est rarement une aventure totalement solitaire : propriétaire, commune, intercommunalité, autres commerçants, producteurs et habitants peuvent tous contribuer à faire émerger le projet.
La collectivité soutient également le nouveau commerce
L’Épi de l’Avesnois a aussi bénéficié d’un soutien public.
En juin 2026, la Communauté de communes du Cœur de l’Avesnois a retenu le commerce parmi neuf entreprises bénéficiaires de son dispositif d’aide à la création ou à la reprise d’une activité commerciale, artisanale ou de services.
Au total, 51 208 euros d’aides ont été attribués aux neuf entreprises concernées, parmi lesquelles figure L’Épi de l’Avesnois à Marbaix.
Cet accompagnement illustre le rôle que peuvent jouer les collectivités dans la sauvegarde ou la réimplantation des commerces en milieu rural.
Car ouvrir une épicerie dans une petite commune ne répond pas uniquement à un enjeu commercial. C’est aussi une question d’attractivité du village, de services proposés à la population et de maintien d’une activité économique locale.
Quand l’épicerie devient un lieu de rencontres
Mais l’un des effets les plus intéressants de l’ouverture de L’Épi de l’Avesnois ne se mesure ni en nombre de références ni en chiffre d’affaires.
C’est le retour d’un lieu où les habitants peuvent se rencontrer.
Dans un village, venir chercher son pain ou quelques courses crée des occasions de discussion qui peuvent sembler anodines mais qui participent directement à la vie locale.
On y croise un voisin. On prend des nouvelles. On échange quelques mots avec le commerçant. On rencontre des habitants que l’on ne croiserait peut-être plus ailleurs.
C’est précisément cette dimension que relève La Voix du Nord dans son reportage consacré à L’Épi de l’Avesnois.
Le commerce de proximité redevient alors aussi un lieu de sociabilité.
Une épicerie rurale est bien plus qu’un point de vente
L’histoire de L’Épi de l’Avesnois illustre finalement une réalité que connaissent de nombreux villages français.
Une épicerie rurale permet évidemment d’acheter des produits alimentaires sans parcourir plusieurs kilomètres.
Mais son utilité va beaucoup plus loin.
Elle peut permettre de valoriser les producteurs locaux, maintenir de l’activité économique, proposer de nouveaux services, faciliter le quotidien des personnes les moins mobiles et créer un lieu de rencontre accessible à tous.
À Marbaix, Aurélie Drecq et Emeric Attancourt ont créé un commerce associant épicerie, produits locaux, boulangerie, snacking et convivialité.
Et quelques semaines seulement après son ouverture, L’Épi de l’Avesnois semble déjà avoir réussi quelque chose qu’aucun tableau financier ne permet vraiment de mesurer : redonner au village un endroit où l’on se retrouve.
Sources et pour aller plus loin
La Voix du Nord — « Nouvelle épicerie à Marbaix : on a remis du lien social très rapidement »
Canal FM — « Marbaix : L’Épi de l’Avesnois est ouvert ! »
L’Observateur — « L’Épi de l’Avesnois promet des produits locaux au prix des grandes enseignes »
Insee — chiffres clés de la commune de Marbaix
Source : La Voix du Nord